LA VOIE DES POETES
Je suis un ancien chercheur d’or
Qui n’a pas trouvé la voie royale
J’ai sans doute eu tord
D’écouter mon instinct animal
Et parfois quand je dors
Je vois cet être vénal
Qui au cœur de mon corps
Reni mes idées bestiales
Je cherche ma route
Et ma vie est pleine de doute
Révolté par ces joueurs de foot
Qui veulent acheter la neige en aout.
Car malgré toutes mes certitudes
Ces maudites habitudes
Noient ma vie dans la servitude
M’éloignant de la zenitude
Je cherche ma voie
Au fil des jours et des mois
J’écris des mots et des vers
Loin des modes et des airs
De ceux qui érodent
Mes idées qui s’exodes
Aux antipodes
De mes allures de gastéropodes.
Vous qui allez lire
Se long et douloureux délire
Verrez-vous ma satire
De ce monde ou tout est pire
De cet air pollué que je respire
Ou nom de ces empires
Que l’on ose détruire
De peur de voir mourir
Notre soif de produire
Certains me croiront fou
De me livrer à genoux
Dans un chant sans refrain
Hurlant des hymnes sans fin
Coincer entre quatre murs
Brulant vos belles lectures
Reniant vos airs du dimanche
Risquant de finir entre quartes planches.
Cette voie qui m’anime
Et qui hurle des rimes
Ne cherche pas la cime
De ce monde de frime
Pourri par les dimes
De ceux dont les crimes
Pousseront dans les abimes
Cette voie qui me hante
N’est pas démente
Même si quand elle se lamente
Elle peut devenir délirante
Quand mon cerveau déjante
Devant toutes mes tourmentes
Devant toutes les tournantes.
Cette voie ne peut que crier
Face à tout ces tarés
Qui ne peuvent l’entendre
Et encore moins la comprendre
Pourtant on la bâillonne
Dans un silence qui cautionne
Les actions de ceux qui trônent.
Cette voie je l’écoute
Espérant retrouver la route
Qui s’éloigne dans mes doutes
Cherchant à faire partager
Dans ce flot de pensée
Une envie, une idée
Un sonnet, un pamphlet
Cette voie qui murmure
Un souffle d’azur
Sur les ténèbres de mon écriture
Recherche un peu d’innocence
Dans les yeux de l’enfance
Elle écoute le vent qui danse
Elle écrit avec aisance
Elle apaise mes souffrances.
Cette voie je l’écoute
Parfois j’ai du mal à l’entendre
Parfois j’essaie même de l’atteindre
Car j’ai peur de la voir un jour s’éteindre
Cette voie qui rend le monde plus tendre
Me permet de partager sans vendre
De posséder sans acheter
D’apprécier sans juger
D’aborder sans préjuger
Elle n’est pas magique
Mais juste ludique
Jouant des tics
De la rhétorique
Parfois magnifique
Souvent automatique
Cette voie se perd
De fils en père
De Baudelaire
A Prévert
Depuis Aden
Et Eve
On entend le vent
Qui se lève
Pour quelques mots
Pour une histoire de corbeau
Moralisant des animaux
Cette voie qui rend sage
Celui qui noircit la page
Avec des mots volages
Qui écrivent l’amour, la mort, la rage
Comme autant de précieux présages
Qui traverseront les âges
Sans prendre une ride,
Ils permettront aux plus timides
De ne pas paraître stupide
Comblant leur peur du vide
Par des vers très lucides.
Cette voie lointaine
Et proche
Vous l’aurez reconnu
Car elle ne se cache plus
Derrière des artifices
Qui lui porteraient préjudice
Cette voie est pure
Elle se murmure
De mur en mur
Et sans détour
Je déclare mon amour
Avec bravoure
En ce jour de fête
J’ai le cœur net
Qui chante la voie des poètes